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cour intérieure hospices de beaune

Bourgogne-Franche-Comté

Visiter les Hospices de Beaune en Bourgogne

· 13 min de lecture · 4 commentaires

Arrêt incontournable en Bourgogne: Beaune et ses célèbres hospices. Un lieu de miséricorde incroyable où l'on prenait soin des malades. Vous ne pourrez qu'être conquis par la beauté du lieu!

cour intérieure hospices de beaune

La création des Hospices de Beaune

Cet hôpital civil fut fondé en 1443 par le chancelier des ducs de Bourgogne Nicolas Rodin et sa dernière épouse Guigone de Salins. Cette instituion fut créée pour s'occuper des personnes errantes mais aussi des personnes malades.

ancien plan des hospices de beaune

Le visiteur ne peut ignorer la date de création des Hospices de Beaune puisqu'elle est inscrite en chiffres dorés à l'entrée de l'édifice.

entrée des hospices de beaune

La Bourgogne était durement touchée par les conséquences de la guerre de Cent Ans, les famines, la pauvreté et les épidémies. De nombreuses personnes ne pouvaient pas se soigner faute d'argent. Aussi les deux époux décidèrent-ils de consacrer une partie de leur fortune à cette œuvre de charité chrétienne. Ils firent construire un magnifique lieu d'accueil. 9 ans après sa fondation, soit en 1452, l'Hôtel-Dieu accueillit ses premiers malades. Et ce furent les soeurs hospitalières qui se chargèrent de leur apporter des soins dans ce "palais pour les pôvres".

Un "palais" pour les malades

Lorsque l'on passe dans la rue des Hospices de Beaune sans lever la tête, on ne saurait deviner ce qui se cache derrière ces grands murs que l'on longe. Mais quelques détails nous indiquent qu'il ne s'agit pas d'un bâtiment comme les autres... Et ces détails donnent immédiatement envie d'entrer!

La cour d'honneur

Une fois l'accueil et la billetterie franchis, on découvre immédiatement ce que l'on voit dans tous les guides touristiques de Bourgogne: l'immense cour intérieure avec ses magnifques colombages et ses tuiles vernissées! Regardez comme les toitures sont belles !

En associant plusieurs couleurs, on dessine avec les tuiles vernissées des motifs géométriques caractéristiques de l'architecture traditionnelle bourguignonne. Seules les personnes riches pouvaient bien entendu habiller les toitures de leur habitat de cette façon. Ces toitures étaient de fait un symbole de la réussite du propriétaire.

tuiles vernissées hospices de beaune

Les toitures colorées ne sont présentes que sur une aile de la cour d'honneur. La toiture de la Salle des pôvres est quant à elle en ardoise, beaucoup plus sobre.

L'accueil des malades et des plus démunis

Laissez-moi vous conduire au coeur de l'Hôtel-Dieu, dans la salle des Pôvres. Vous allez être surpris de voir où les défavorisés et les malades étaient logés... Ne vous attendez pas à un lieu sordide où la pauvreté, la misère étaient partout. Non les soeurs hospitalières avaient pour consignes de bien accueillir ces malheureux. Ici la générosité était de mise. Les personnes accueillies étaient installées dans cette salle commune, dans des lits aux draps changés régulièrement (2 personnes par lit). Des rideaux étaient présents pour l'intimité, même si les conditions restaient celles d’un hôpital collectif.

En rentrant dans la Salle des Pôvres, on remarque immédiatement sa grandeur, pas moins de 50 mètres de long ! Le regard est attiré pas le plafond en bois, en forme de coque de bateau renversée, qui donne à la salle une allure encore plus monumentale.

Ce décor luxueux traduit la volonté de Nicolas et sa femme Guigone de traiter les pauvres avec dignité. A leurs yeux, accueillir les pauvres ne signifiait pas les reléguer dans un endroit misérable ; mais leur offrir un espace propre, organisé et digne. Tout était donc prévu dans cette salle. Ce n'est pas pour rien qu'il n'y a pas de lits au milieu... Cet espace était prévu pour que les soeurs puissent circuler facilement, faire les soins, apporter les repas.

Les soeurs hospitalières s'occupaient de soigner les corps mais aussi les âmes. Ce n'est donc pas surprenant de trouver une chapelle dans le prolongement de la Salle des Pôvres. Ainsi les malades pouvaient, depuis leur lit, participer à la vie religieuse de l'Hôtel Dieu. La religion avait une place très importante dans la société du Moyen-Age. Chacun cherchait le salut de son âme. Messes, prières, cérémonies religieuses s'y tenaient donc au quotidien.

Peut-être avez-vous remarqué la présence du jubé séparant l'espace liturgique de la partie hospitalière consacrée aux soins du corps. Jubé qui était systématiquement présent au Moyen-Age pour séparer le clergé de la population comme à l'abbaye de la Chaise-Dieu.

Dans cette chapelle se trouvait le magnifique polyptyque du Jugement dernier.

Il n'y avait pas que les pauvres qui pouvaient être malades. Des personnes ayant les moyens de se faire soigner, des bourgeois, des nobles, pouvaient être également accueillies par l'Hôtel-Dieu mais du fait de leur situation financière, elles n'étaient pas placées dans la salle des Pôvres. Des chambres plus petites, richement décorées et payantes étaient aménagées dans l'autre bâtiment.

Ces chambres offraient davantage d’intimité, moins de promiscuité entre malades, une cheminée et un confort nettement supérieur. Les sommes versées par ces riches malades contribuaient à l'entretien de l'Hôtel-Dieu.

Notez que les chambres actuellement visibles ne datent pas de la fondation des hospices de Beaune, elles ont en effet été remplacées. On peut notamment voir l'une d'elles dont le décor peint date du XVIIème siècle. Dans la salle Saint-Hugues, onze peintures, dont neuf scènes représentant des guérisons miraculeuses du Christ ont été réalisées. Les malades pouvaient contempler des représentations de guérisons et y trouver un message d'espérance.

La pharmacie des Hospices de Beaune

L'une des missions des soeurs hospitalières était de soigner les malades. Pendant des siècles elles ont broyé, fait infuser, macérer, distiller des plantes pour obtenir des sirops, des huiles mais aussi des onguents. Pour se faire, elles ne disposaient pas de médicaments comme maintenant, elles devaient donc les fabriquer elles-mêmes à partir de substances naturelles.

La première pièce est celle où les remèdes étaient préparés. Leurs instruments s'y trouvent encore et on imagine aisément les soeurs broyer les plantes séchées, les racines, les graines, les minéraux avec le mortier et le pilon. On imagine également les alambics en train de chauffer pour recueillir des huiles essentielles. On y voit aussi les récipients dans lesquels elles mélangeaient, faisaient chauffer sur le fourneau.

Tout ce qu'elles fabriquaient était soigneusement conservé dans l'officine voisine. On peut y admirer 130 pots en faïence blanche datant de 1782 mais aussi des pots en verre du XIXème siècle. Les noms étaient inscrits sur les pots pour reconnaître les produits fabriqués qui étaient, malgré l'époque, nombreux.

La cuisine des Hospices de Beaune

Au Moyen Âge, un Hôtel-Dieu est avant tout, comme vous l'avez compris, un lieu où l'hospitalité, la charité sont les valeurs les plus importantes. Accueillir une personne pauvre ou malade signifie bien sûr l’héberger, mais aussi lui fournir de quoi manger.

Les Hospices de Beaune disposaient donc d'une grande cuisine pour préparer les repas pour les personnes accueillies mais aussi les soeurs hospitalières soit environ 130 personnes ! En cuisine, on préparait donc quotidiennement de grandes quantités de nourriture!

Et le cheminée était de fait indispensable ! On y faisait bouillir les aliments dans de grands chaudrons et on rôtissait les viandes grâce à un tournebroche. Les repas étaient simples mais nourrissant pour redonner de la force aux corps malnutris, afffaiblis par la maladie. Beaucoup de pain, de la soupe, de la viande et des légumes étaient donc servis. Les soeurs offraient 3 repas par jour: à 6h, à 11h et à 17h.

On comprend d'autant plus l'importance des chambres payantes et des dons faits par les plus riches en signe de charité.

Les Hospices de Beaune: préservation d'un patrimoine exceptionnel

Aux Hospices de Beaune, les œuvres d’art ne sont pas réunies dans un musée indépendant de l’histoire du lieu car les oeuvres présentées font partie de la vie des soeurs et des malades. On peut ainsi admirer des peintures, des sculptures, des objets religieux, des tapisseries, du mobilier, fabriqués entre le XVe et le XIXe siècle.

Je vous ai précédemment montré la Salle des Pôvres avec au plafond ses poutres polychromes et ses dragons, la salle Saint-Hugues et ses impressionnantes peintures des miracles du Christ mais les Hospices présentent de nombreux autres trésors. Admirez par exemple cette magnifique tapisserie dite des Mille fleurs.

Ou encore ce parement d'autel.

parement d'autel aux hospices de beaune

Ces statues, ces vitraux et tant d'autres oeuvres d'art!

Mais le trésor des Hospices est sans nul doute le polyptyque intitulé le "Jugement dernier" installé dans un espace spécialement aménagé pour sa conservation. Polyptyque qui sera bientôt restauré.

entrée de la salle du jugement dernier

Ce retable peint par le peintre flamand Rogier van der Weyden est une pièce rare car il est constitué de 9 panneaux. Il était autrefois installé dans la chapelle de la Salle des Pôvres et était ouvert aux malades les dimanches et les jours de fête. Lorsque les volets étaient fermés, les malades voyaient leurs bienfaiteurs Nicolas Rolin et Guigone de Salins en train de prier et espérant leur salut par leurs bonnes actions.

retable aux hospices de beaune

Le contraste est saisissant avec l'intérieur du retable aussi bien au niveau des couleurs que de ce qui est représenté.

retable du jugement dernier aux hospices de beaune
https://www.beaune-tourism.com

A l'extérieur de la salle d'exposition, une grande tablette tactile décrit avec précision les éléments des 9 tableaux du retable.

Le polyptyque de Rogier van der Weyden évoque ce qui, selon la foi chrétienne du Moyen Âge, attend chaque être humain après sa mort. Le Christ y apparaît au milieu comme celui qui décide du sort des âmes : certaines sont accueillies au Paradis, tandis que d’autres sont condamnées à souffrir en Enfer. La figure de saint Michel, qui pèse les âmes, rappelle que chacun devra répondre de sa vie et de ses actes. Le Jugement dernier était très souvent représenté dans les églises comme dans la cathédrale Sainte-Cécile à Albi car il représentait l'aboutissement d'une vie à obéir à Dieu ou à enfreindre les règles sacrées.

Aux Hospices de Beaune, cette œuvre prenait un sens particulièrement fort. Les malades qui la contemplaient étaient confrontés à la fragilité de leur existence, mais aussi à l’espoir d’une vie après la mort. Le retable leur offrait ainsi un sujet de prière et de réflexion : prendre soin du corps était essentiel, mais préparer son âme au salut l’était tout autant.

Informations pratiques

Carte de Hospices de Beaune. L’afficher établit une connexion avec Google Maps, qui dépose ses propres traceurs.

Horaires d'ouverture

Du 01/01 au 31/03 : 9h-12h30 et 14h-18h30 (sauf 1er janvier, 14h-18h30)
Du 01/04 au 15/11 : 9h-19h30
Du 16/11 au 31/12 : 9h-12h30 et 14h-18h30 (sauf 25 décembre, 14h-18h30)

Plusieurs parcours de visite vous sont proposés. Vous pouvez visiter librement les Hospices de Beaune avec un audioguide ou opter pour un parcours commenté. Les différents parcours de visite sont à retrouver ici.

N'hésitez pas à réserver en ligne pour gagner du temps lors de votre arrivée. Voici les tarifs indiqués sur le site pour pouvoir visiter les Hospices de Beaune.

tarifs hospices de beaune

La visite s'effectue en suivant un parcours précisé sur un plan donné à l'accueil lors de l'achat des billets. Vous avez également la possibilité de prendre un audioguide si vous ne souhaitez pas de visite guidée.

Insolite

Les Hospices de Beaune sont également connus pour leur vin. Depuis des siècles, ils sont connus pour leur vin de qualité.

Chaque année des ventes aux enchères y ont lieu le 3ème dimanche de novembre. C'est un évènement international indispensable au financement de nombreux projets. C'est ainsi que depuis 1859, la récolte du Domaine des Hospices de Beaune est vendue pour financer l'institution. Les personnes achetant ce vin participent à une grande ventre de charité. Ce sont ainsi des millions d'euros qui sont reversés. Dans la vidéo du Domaine, vous pourrez en apprendre davantage sur ces incroyables ventes.

Les Hospices de Beaune ont servi de lieu de tournage à un film à grand succès que tout le monde connaît: la Grande Vadrouille. Je ne peux m'empêcher de vous partager cet extrait tourné dans la salle des Pôvres. Dites 33 ... Thirty-three

Les Hospices de Beaune sont un lieu incontournable et que l'on ne peut oublier. Pour ma part, j'y étais allée en voyage scolaire alors que j'étais en CP et je voulais absolument y retourner, c'est désormais choses faite. Ils sont encore plus beaux que dans mes souvenirs et j'ai pu y emmener mes enfants qui les ont à leur tour découverts. J'espère que cet article vous a donné également envie d'aller les visiter.

4 commentaires

Vincent ·

Magnifique article !!! Ça donne envie

Florandophoto ·

Merci beaucoup ! C'est un lieu incontournable en Bourgogne. Je suis ravie d'y être retournée!

Grégoin ·

Super article, cette visite à l'air très intéressante. Les photos sont magnifiques.

Florandophoto ·

Merci beaucoup pour ce gentil message.

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