Bonjour les amis,
Aujourd’hui c’est dans le Pas-de-Calais que je vous emmène. Direction un site qui est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO : le 9-9 bis. Alors non, il ne s’agit pas d’une base militaire secrète mais d’un ancien site d’extraction de charbon.
Venir à Oignies, c’est toucher du bout des doigts une mémoire conservée avec passion par d’anciens mineurs. Alors c’est parti pour visiter ce site !
Visiter le 9-9 bis
Le site du 9-9 bis: informations pratiques
La base du 9-9 bis n’est qu’à 30 minutes de Lille, Lens ou encore Arras. Proche des grands axes de circulation, c’est un site facile d’accès !
Venir à Oignies c’est découvrir un site admirablement conservé comprenant le carreau de mine avec son chevalement et tous ses bâtiments annexes mais aussi le terril qui surplombe la ville.
Vous pouvez vous promener librement sur le carreau de la mine au milieu des bâtiments mais pour avoir accès à l’intérieur, une visite guidée avec une médiatrice du patrimoine vous est proposée.
N’hésitez pas à réserver directement ici. En plus, ce n’est pas cher puisqu’il ne vous en coûtera que 3 euros par personne (et c’est gratuit pour les moins de 6 ans).
Pour avoir toutes les information nécessaires à votre visite, rdv au Point info tourisme du 9-9 bis situé rue du Tordoir.
- Ouverture : Du 28 janvier 2026 au 05 avril 2026
Les mercredis, samedis et dimanches de 14h à 18h
- Ouverture : Du 08 avril 2026 au 06 décembre 2026
Du mercredi au samedi de 14h à 18h et le dimanche de 11h à 13h et de 14h à 18h.
Pourquoi venir au 9-9 bis?
Avec sa fosse, le terril 110 et la cité-jardin De Clercq, le 9-9bis propose au visiteur l’environnement complet d’un ensemble minier caractéristique.
Le site du 9-9 bis est un miraculé. De nombreux carreaux de mine ont disparu lors de la fermeture des puits, ils ont été complètement démantelés. Ce sont les anciens mineurs de l’association ACCCUSTO SECI accompagnés par des passionnés qui ont permis sa sauvegarde. C’est donc grâce à eux ainsi qu’à la Communauté d’Agglomération Hénin-Carvin qui a racheté le site en 2003 que je peux vous parler du site aujourd’hui.
Je vous avais précédemment emmenés au Centre historique minier de Lewarde, un témoin incontournable de ce passé qui a concerné de nombreuses familles du Nord-Pas-de-Calais, le site de Oignies est également un témoin du passé. Un témoin fragile qui doit être protégé!
Le bassin minier avec 352 éléments associés à la mine et donc la base du 9-9 bis ont été inscrits le 30 juin 2012 sur la liste du Patrimoine mondial de l’UNESCO au titre de « paysage culturel évolutif« .
En France, ce sont sept autres sites qui sont inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO et qui relèvent également de cette catégorie : le Mont Perdu dans les Pyrénées, les Causses et les Cévennes, les climats du vignoble de Bourgogne, le territoire viticole de Saint-Émilion, les coteaux, maisons et caves de Champagne, le Val de Loire ou encore Taputapuãtea en Polynésie française.
Des sites qui sont classés comme les lieux extraordinaires que sont les rizières en terrasse des Hani de Honghe en Chine ou encore la baie de Rio de Janeiro au Brésil alors c’est peu dire l’importance qui est donnée au bassin minier !
Oignies fait partie des 5 sites majeurs du bassin minier avec la fosse Wallers à Arenberg, la cité des Electriciens à Bruay-la-Buissière, la fosse Delloye à Lewarde et enfin le 11-19 à Loos-en-Gohelle.
Et figurez-vous que c’est à Oignies que le charbon fut découvert pour la première fois à Oignies dans le parc du château de Mme De Clercq par l’ingénieur Louis-Georges Mulot. C’est de cette veine découverte en 1842 qu’est partie l’incroyable histoire minière du Pas-de-Calais. C’est ainsi que fut créée la Société des Mines de Dourges. Oignies et les communes voisines venaient de rentrer dans l’ère du charbon.
Mais il fallut attendre 1933 pour que le 9-9 bis ouvre et durant sa période d’activité 8 millions de tonnes furent remontées des puits. Sachez que sur ce site, on comptait, au moment du pic d’activité dans les années 50, 2 500 employés dont 2 200 mineurs.
Ce qui est surprenant c’est d’apprendre que si l’histoire a commencé à Oignies, elle s’y est également terminée symboliquement après 270 ans d’exploitation minière dans la région Nord-Pas-de-Calais. C’est en effet au 9-9 bis qu’a été rémontée la dernière berline de charbon le 21 décembre 1990. La boucle était bouclée.
Le terril 110: un espace préservé
Qui dit mine, dit terril. A Oignies, c’est le terril 110 qui surplombe la cité minière. Il est certes de taille plus modeste que ses voisins de Loos-en-Gohelle mais la balade pour y accéder est facile et très agréable pour toute la famille.
D’une hauteur de 70m, le terril n’en est pas moins fragile et des gestes simples sont à respecter pour ne pas le détériorer.
Allez, partons pour monter au sommet ! En quelques minutes, nous y sommes. Bien entendu, il faut rester sur le chemin car la végétation reprend ses droits sur le terril et marcher dessus pourrait freiner la revégétalisation mais également creuser des sillons altérant la structure du terril.
Lors de l’ascension, vous verrez une belle variété de fleurs pousser au milieu des schistes et des résidus de charbon.
En y montant, vous aurez une vue magnifique sur la base du 9-9 bis ! Vous verrez bien les puits d’extraction, les bâtiments annexes mais également la cité minière juste derrière.
Il arrive fréquemment de trouver une cuvette d’eau au sommet des terrils. C’est le cas au sommet de celui de Oignies. Le terril étant constitué de schistes, de résidus miniers. Avec le temps le sommet se tasse, le sol peut devenir imperméable du fait du compactage des résidus et des fines particules qui colmatent les interstices. Des cuvettes se forment et de l’eau de pluie s’y accumule. D’ailleurs, en fonction des précipitations, la quantité d’eau sera comme vous pouvez le voir plus ou moins importante.
Le carreau de fosse 9-9 bis
Les puits d'extraction
Comme sur la fosse à Lewarde, tout est agencé pour que le travail soit réalisé dans les meilleures conditions de productivité. Il doit y avoir le moins de perte de temps possible. Tout est sur le même site: les puits d’extraction et leur machinerie, l’administration mais également les salles de douche. Lors de votre venue, vous pourrez voir le travail de conservation des bâtiments et la mise en valeur du site par l’association et la Communauté d’Agglomération.
9-9 bis, pourquoi ce nom? Il vient tout simplement des numéros des puits d’extraction. Puits que l’on reconnaît aisément sur le site avec la présence des chevalements.
Le site est très photogénique avec ses immenses structures du passé mais aussi la tuyauterie visible à l’extérieur. Regardez un peu!









Des bâtiments qui faisaient partie du quotidien des mineurs.
Pour plus d’informations sur la vie des mineurs, n’hésitez pas à consulter l’article consacré au Centre historique minier de Lewarde.
Ci-dessous des photos qui étaient accrochées dans la salle des machines.
La salle des machines
Ces énormes puits d’extraction ne pourraient pas fonctionner sans une énorme machinerie. Il est possible de visiter les salles des machines lors de visites guidées. En effet, laisser en accès libre ces salles pourrait être dangereux.
Je vous poste des photos mais ne me demandez pas à quoi tout cela servait, c’est au-delà de mes compétences … Effectivement, il y avait aussi bien des systèmes d’aération que des systèmes pour faire monter les berlines depuis le fond, mais aussi d’énormes compresseurs pour envoyer de l’air comprimé pour les machines au fond (marteaux-piqueurs, outils portatifs, lampes de mine…). En effet, l’électricité était prohibée au fond de la mine car la moindre étincelle pouvait provoquer un coup de grisou.










Compresseurs dont il fallait sans cesse vérifier la pression car les mineurs se trouvaient souvent à plusieurs kilomètres de la salle des machines!
Dans les salles des machines, on voyait notamment de nombreux cadrans ! Il y avait également de nombreux contrôles du côté des compteurs électriques et des transformateurs. Car au moindre faux pas, les conséquences pouvaient être tragiques !
On ne sait où regarder, il y a tellement de détails qui attirent l’oeil !
La salle des machines est aujourd’hui silencieuse mais je n’ose imaginer l’ambiance qui y régnait lorsque la mine était encore en activité. Ce devait être très bruyant !
Le bâtiment des douches
Comme à Lewarde, les mineurs s’habillaient et se déshabillaient sur place. On y trouvait donc également un système de crochets auxquels les hommes accrochaient leurs vêtements propres puis sales. On donne souvent le nom de « salle des pendus » à ces vestiaires aériens.
Juste à côté, les douches et les lavabos attendaient les mineurs. Passage obligatoire pour se frotter activement et essayer d’enlever la poussière de charbon qui collait à la peau!
Cet ancien bâtiment sert régulièrement de lieu d’exposition au 9-9 bis. C’est ainsi que lorsque je m’y suis rendue, l’exposition « Révéler l’impact » était à découvrir.
Voici en aperçu de cette exposition passée.














Le vernissage de la prochaine exposition temporaire aura lieu le 3 avril 2026 et s’intitulera « Remonter au jour« .
Le Métaphone
Alors que le passé est omniprésent sur le 9-9 bis, un lieu est complètement différent par sa modernité: le Métaphone. Cette structure unique en son genre inaugurée en 2013 est née dans le cadre d’un projet culturel et artistique visant à redynamiser le bassin minier. Ce lieu est désormais dédié aux pratiques et à la création musicales. Dans ce sens, il dispose de studios de répétition et d’enregistrement, de salles de pratique mais aussi d’un auditorium.
Le Métaphone est un instrument de musique étonnant constitués d’orgues, de xylophones, cymbales… Ces instruments sont installés sur les parois et offrent un petit interlude d’oeuvres spécialement créées à intervalles réguliers. Pour plus d’informations sur cette structure musicale, c’est ici.
Il s’agit aussi d’une salle de concert qui peut accueillir entre 500 et 1000 personnes.
Vous pouvez consulter l’agenda des concerts et des spectacles pour connaître les dates à venir et ne rien rater.
Et tant que vous y êtes, vous pouvez passer un moment convivial au 9-9 bar. Ici la simplicité est de mise donc ce sont de petites choses à grignoter, des briquets ou des gamelles qui sont proposés. Pour en savoir plus sur l’ardoise du 9-9 bar, c’est ici .
Pour ma part, j’y ai mangé un hotdog, un paquet de chips, un cookie et ai bu un verre de jus de pomme. Pas besoin de plus en ce qui me concerne. Je n’étais pas venue pour manger des plats gastronomiques mais pour passer un moment entre amis avec une super vue sur le site.
C’est sur cette note conviviale que s’achève notre découverte du 9-9 bis, un lieu qui allie passé et modernité qui gagne à être découvert !
Et vous, qu’en avez-vous pensé ? Tenté(e) par l’expérience?











4 réponses
super reportage sur cet endroit qui fait partie du patrimoine Nordistes. Merci pour ce partage riche en photos et très bien raconté comme à l’habitude.
Merci beaucoup Yannick. Toujours un plaisir de parler des découvertes que je fais dans cette région riche et surprenante au niveau de son patrimoine.
encore une fois bluffé pas tous ces details de notre patrimoine régional merci a toi flo pour toute cette documentation et ces infos qui réveillent des souvenirs a nous les gens du nord
Merci beaucoup Alain ! Qu’elle est belle notre région ! Il y a toujours des choses à découvrir, pas obligé de partir loin pour passer d’agréables moments et apprendre sur le passé…