Visiter le coeur historique d’Albi

Dans le précédent article, nous avons visité l’incontournable cathédrale Sainte-Cécile. Il est désormais temps de partir à la découverte du coeur historique d’Albi.

Plusieurs options s’offent à vous. Vous pouvez le visiter seul muni d’un plan fourni par l’office de tourisme ou choisir une visite guidée. Et il y en a pour tous les goûts que vous aimiez les visites traditionnelles ou les visites plus insolites. J’ai fait les deux donc c’est parti pour en apprendre davantage sur cette superbe ville! 

Balade en gabare

S’il y a bien une chose que j’ai appréciée lors de mon séjour dans le Tarn, ce sont les balades en gabare. A Castres, près de Gaillac et désormais à Albi. C’est une autre façon de découvrir une ville et en plein été, c’est toujours très agréable !

Donc direction les berges du Tarn pour embarquer ! 

 

Cette balade de 30 minutes vous permettra d’admirer la cité épiscopale depuis le Tarn. 

Vous serez accompagné du capitaine de la gabare et d’un guide. Pour ma part, je suis montée dans celle dirigée par John et l’ambiance à bord était très sympathique.

Vous aurez ainsi une magnifique vue sur les différents ponts permettant de passer d’une rive à l’autre dont la nouvelle passerelle

Vous franchirez une ancienne écluse qui était le passage obligé des gabares transportant des marchandises sur le Tarn.

La balade vous permettra également de longer la rive droite et de passer au pied du quartier de la Madeleine.

Mais la star de la balade, c’est bien sûr la cathédrale Sainte-Cécile. Et le palais de la Berbie qui la jouxte est également majestueux! 

Informations pratiques

Cette activité est très prisée et je ne saurais que vous conseiller de réserver en période estivale en allant directement sur le site d’Albi croisières. La balade est organisée de mai à fin septembre. 

  • Adultes : 9,50€
  • Enfants de 3 à 12 ans : 6.00€
  • Enfants – de 2 ans (accompagnés des parents) : gratuit

Visite guidée du coeur historique

L’office de tourisme propose plusieurs visites avec les guides de l’AGIT. Je vous ai précédemment parlé de celle de la cathédrale Sainte-Cécile mais j’ai également suivi celle de la cité épiscopale. Et je peux vous dire qu’elle est magnifique et qu’elle mérite d’avoir été classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. 

C’est donc accompagnés par notre guide que nous allons découvrir le palais de la Berbie

fleur devant le palais de la Berbie

Palais de la Berbie, qui surplombe le Tarn, construit au XIIIème siècle et aussi massif que la cathédrale Sainte-Cécile. Palais qui a été construit progressivement par les différents évêques qui y vivaient. 

Sur place, des plaques en métal en relief ont été installées pour les personnes malvoyantes afin qu’elles puissent se rendre compte de la grandeur des lieux. 

N’hésitez pas à regarder cette très belle vidéo consacrée au palais de la Berbie. Vous y apprendrez l’histoire du palais et pourrez voir de superbes images ! 

Dans un prochain article, nous irons à l’intérieur du palais pour visiter le Musée Toulouse-Lautrec mais pour l’instant poursuivons notre découverte de la ville ! Petit arrêt à l’extérieur de la cathédrale pour une fois de plus admirer son architecture unique. 

Tout près de la cathédrale, la place Savène surprend. Ici moins de briques et des colombages, une jolie place fleurie qui respire le calme! 

Le coeur historique de la ville est vraiment beau avec toutes ses briques. Il me rappelle la ville de Montauban où il faisait également très chaud ! 

A côté de la Maison du Viel Albi qui présente l’histoire de la ville ainsi que ses traditions, il y a même un magasin de pastel. Pastel dont je vous avais expliqué la fabrication et l’utilisation dans l’article sur Lautrec

Et depuis cette rue, vous aurez une superbe vue sur la cathédrale ! 

vue sur la cathédrale

Vous aimez les églises? Alors vous serez servi car à quelques pas de la cathédrale vous attend la collégiale Saint-Salvi qui date du XIème siècle, et qui est de nos jours un subtile mélange d’art roman et d’art gothique. Une collégiale qui fait partie des plus grandes églises romanes de l’Albigeois et dont il reste bien plus que celle de Montpezat-de-Quercy dans le Tarn-et-Garonne. Ce qui m’a surprise, c’est encore une fois son ouverture tardive. En effet, pour pouvoir y entrer, il vous faudra attendre 10h. 

Je ne m’attendais pas du tout à découvrir un aussi joli endroit. Lorsque l’on traverse l’église, on arrive dans un joli cloître roman dont le centre est agréablement fleuri. J’aime les cloîtres, j’en ai visité beaucoup comme celui de Cadouin ou encore celui de l’abbaye de Moissac, de l’abbaye de Belleperche et j’ai trouvé celui-ci charmant et calme! C’est d’ailleurs un lieu bien connu des Albigeois qui aiment y venir.

L’intérieur vaut également le détour avec ses beaux tableaux et son orgue. Et figurez-vous que la collégiale accueille régulièrement des concerts ! Le jour où je m’y suis rendue, j’ai eu la chance d’entendre quelques notes de gospel. 

Si de nombreux endroits rappellent le Moyen-Age, la ville compte également de beaux édifices de la Renaissance comme l’hôtel Reynès qui fut classé aux monuments historiques en 1862.

Ce très beau bâtiment, construit entre 1520 et 1530, appartenait à Roger Reynès, riche marchand pastelier, encore un comme à Lautrec. En raison de son anoblissement, il fit construire une tour pour montrer son ascension sociale. Il agença également sa demeure à la mode italienne comme le rappelle la loggia. 

panneau informatif
françois 1er

Il demanda même une décoration pour le moins originale: les portraits sculptés de François 1er et de sa seconde épouse Eléonore d’Autriche. En 1533, le roi est en effet venu dans l’Albigeois et Roger Reynès comptait bien sur sa venue dans la ville et donc chez lui. Mais il n’en fit rien et s’arrêta un peu plus au nord à Cordes-sur-Ciel dont je vous ai parlé dans un précédent article

Durant l’été, des visites théâtralisées sont proposées pour découvrir de façon originale la ville d’Albi. Quel plaisir de visiter en compagnie des guides de l’AGIT ! 

Pour ma part, j’ai pris part à deux visites théâtralisées lors de mon séjour à Albi: l’une qui traitait de la prostitution intitulée « Jupons, froufrous et maisons closes » , l’autre qui permettait de partir à la rencontre du peintre local « La visite de l’invité mystère au musée Toulouse-Lautrec » . 

La première, dont je vais vous parler immédiatement, m’a emmenée dans un monde dont j’ignorais tout et dont je ne savais pas qu’il avait pu être aussi développé à Albi et dans bien d’autres villes: la prostitution. C’est une guide passionnée et passionnante qui a accompagné le groupe durant la visite ! Entre découverte du coeur historique et anecdotes croustillantes, la visite a mis tout le monde d’accord sur la chance d’y participer ! 

De nos jours, on ne connaît plus exactement les emplacements de ces anciennes maisons closes qui avec le temps sont tombées dans l’oubli. On sait par exemple qu’il y en avait dans cette ruelle, mais où ? Nul ne le sait… 

ruelle

ll existait différents niveaux de maisons closes, des plus populaires où la misère régnait à des maisons confortables où venaient les honnêtes hommes fortunés. Dans tous les cas, le client choisissait celle qui partagerait sa couche le temps d’une prestation et payait rubis sur l’ongle sous peine de ne plus y être accepté.

Mais pas question de régler la prestation directement en espèces à la prostituée ! En effet, les clients n’avaient pas le droit d’avoir de l’argent à l’intérieur de la maison close. En arrivant dans l’établissement, ils échangeaient ainsi leur argent contre des jetons auprès de la tenancière du bordel. Ils se servaient ensuite de ces jetons pour régler les prestations demandées aux filles de joie. Et la tenancière payait ensuite ses employées. 

L’un des moments qui fut le plus amusant fut celui des présentations des différentes pratiques proposées par les filles de joie et leur tarification. La glougloutte du poireau ou encore le branlage à la mouche faisaient partie des propositions. 

tarifs

Ces travailleuses du sexe n’avaient guère l’occasion de dépenser leur argent puisque bien souvent elles travaillaient de 15h à 4h du matin et de fait elles sortaient peu. Il n’était pas rare qu’elles aient 10 clients dans la soirée… Alors souvent la tenancière leur fournissait elle-même le savon, les parfums, les vêtements (ainsi que parfois des préservatifs qui étaient excessivement chers et que l’on nettoyait donc après utilisation). Tout ceci à des prix bien supérieurs que si elles s’en étaient occupées elles-mêmes. Autant dire qu’il ne leur restait pas grand chose et qu’elles étaient obligées de continuer, d’autant plus si elles travaillaient dans des maisons de passe qualifiées parfois de « maison d’abattage »… 

Triste condition pour ces femmes qui s’exposaient aux maladies, aux grossesses non désirées et aux avortements exigés par la tenancière pour que la prostituée retourne au travail…

Lors de la visite théâtralisée, il est également question des moyens de contraception qu’elles utilisaient pensant que cela les aiderait… Les plus fréquemment utilisés étaient les éponges marines imbibées de vinaigre ou encore des tampons de tissu enduits de miel ou de citron mais il fut également question de poisson pourri, de cuivre et bien d’autres ingrédients peu ragoutant . 

Le saviez-vous?

Les premiers établissements apparurent sous le règne de Saint-Louis au XIIIème siècle. Alors que ce dernier voulait interdire la prostitution, il accepta cependant l’ouverture de maisons closes. Les établissements furent à cette époque appelés bordels. Du nom des bordeaux, ces petits maisons au bord de l’eau dans l’école vivaient les femmes de petite vertue surnommées « bordelières« . 

 

symbole de sirène sur une maison

Ces maisons n’étaient pas toujours bien acceptées par les habitants mais ne fermèrent pas pour autant et leur présence était signalée aux intéressés par une lanterne rouge allumée lorsqu’elles étaient ouvertes.  Ces bordels, outre la lanterne, avaient de petits signes reconnaissables comme c’était le cas pour la « maison de la sirène » à Albi. 

Lors de la visite, il est également question des temps forts dans l’histoire des maisons closes à Albi bien sûr mais également partout en France. 

  • En 1791, la prostitution fut dépénalisée avec la libération des moeurs consécutive à la Révolution française. 
  • En 1804, les maisons closes furent légalisées car considérées comme un mal nécessaire. Elles furent dès lors plus encadrées avec d’une police des moeurs contrôlant régulièrement les établissements, s’assurant que la prostitution ne soit plus dans la rue et un service de santé fut mis en place pour vérifier l’absence de maladies vénériennes chez les prostituées. Toulouse-Lautrec a notamment peint ce moment de la vérification. 
tableau avec des prostituées
  • C’est durant la IIIème République que les maisons closes connurent leur apogée. Les écrivains comme Maupassant ou Flaubert, mais aussi les peintres, les évoquaient régulièrement dans leurs oeuvres et ne se cachaient pas de les fréquenter. Les bordels étaient, à cette époque, certes des lieux de plaisir mais aussi des lieux avec une importance sociale car on y rencontrait des gens, où l’on se faisait des relations. Toutes les catégories d’hommes s’y rendaient. 
  • Mais tout s’arrêta en 1946 avec la loi Marthe-Richards, une ancienne prostituée « rangée » et veuve de guerre, qui mit fin à la prostitution réglementée en France et la rendit de nouveau illégale. Avec la promulgation de cette loin, ce fut la fin des maisons closes. 

J’ai beaucoup aimé cette visite théâtralisée car elle m’a permis de poursuivre ma visite du coeur historique d’Albi mais aussi d’apprendre beaucoup de choses sur ce métier dont on dit à tort qu’il est le plus vieux métier du monde…

On arrête là pour aujourd’hui et dans le prochain article nous nous intéresserons aux musées de la ville. Et vous allez voir qu’il y en a encore une fois pour tous les goûts : musée Toulouse-Lautrec, musée Lapérouse, L.A.I.T. 

En attendant, n’hésitez pas à laisser un commentaire pour partager vos impressions ou à poser des questions si vous en avez. 

Merci beaucoup de prendre le temps de me laisser un commentaire concernant cet article ❤️

8 réponses

    1. Je suis contente si j’ai pu t’apprendre des petites choses… C’est une ville que j’ai beaucoup aimée, on me l’avait conseillée et je n’ai pas été déçue ! La suite sera disponible pendant les vacances.

  1. je connaissais cette ville mais pas aussi bien que maintenant merci a toi pour tes explications et cette jolie presentation florence

  2. Merci beaucoup pour ce blog très intéressant sans oublier ces superbes photos.
    Je coche Albi dans Google map comme étant une ville à visiter 😉

  3. Des articles très intéressants et enrichissants sur l’histoire d’Albi, expliqués avec beaucoup de détails et de belles photos et vidéos. Merci pour ce joli partage Florence ❤️😘

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