Retour dans l’Aisne, cette fois-ci sur les traces des soldats de celle que l’on surnomme la Grande Guerre, la Première Guerre mondiale.
Direction la Caverne du Dragon, un lieu de mémoire incontournable sur le tristement célèbre Chemin des Dames. Nous passerons aussi par le village martyr de Craonne et nous rendrons à l’abbaye de Vauclair, des lieux profondément marqués par la guerre.
Lors de cette journée, il sera question du devoir de mémoire. Le devoir de mémoire, c’est une responsabilité collective qui vise à transmettre l’histoire et les événements marquants du passé afin d’en tirer des leçons et d’éviter que les erreurs ne se répètent.
Ce même devoir de mémoire qui m’a déjà conduite au Mémorial canadien de Vimy, aux Fantômes de Landowski dans le Tardenois ou encore au musée néo-zélandais de la Libération à Le Quesnoy.
La Centre d'Accueil du visiteur du Chemin des Dames
C’est donc à 30 minutes au sud de Laon et à 40 minutes de Fère-en-Tardenois que la journée commence pour tout visiteur désireux de comprendre ce qui s’est passé sur le Chemin des Dames pendant la Première Guerre mondiale.
Le Centre d’Accueil du visiteur du Chemin des Dames est situé à Oulches-la-Vallée-Foulon, sur le site de la Caverne du Dragon.
Informations pratiques
Il est ouvert selon les horaires suivants :
- Du 25 janvier au 31 mars et du 16 novembre au 30 décembre 2025, ouverture de 10h à 17h.
- Du 1er avril au 15 novembre (inclus) 2025, ouverture de 10h à 18h.
Il est fermé le lundi (sauf juillet-août et jours fériés).
Vous pouvez prendre gratuitement connaissance des informations contenues dans la zone d’accueil. Ces connaissances vous permettront de partir à la découverte du Chemin des Dames en comprenant les origines de cette bataille meurtrière.
Le Chemin des Dames
Les origines du Chemins des Dames
Il y a des noms qui renvoient à ce que nous avons appris en histoire sur la Première Guerre mondiale lorsque nous étions encore à l’école. C’est le cas de batailles comme Verdun et sa voie sacrée, la bataille de la Marne avec ses taxis, la bataille de la Somme ou encore le Chemin des Dames.
J’ai toujours trouvé ce nom très joli… Oui, je sais que cet adjectif n’est pas du tout adapté aux lieux lorsque l’on sait ce qui s’y est passé… D’ailleurs savez-vous quelle est son origine? Elle remonte à plusieurs siècles, bien avant les terribles combats qui y ont eu lieu.
En effet à l’aube de la Révolution française, alors que les filles du roi Louis XV étaient appelées Mesdames, la Dame d’honneur d’Adélaïde, devint propriétaire du château de la Bove près de l’abbaye de Vauclair, dont je vous parlerai plus tard dans l’article. Afin de faciliter le voyage d’Adélaïde et de sa soeur Sophie, la Duchesse de Narbonne demanda, à l’administration des Ponts et Chaussées, la transformation en route carrossable du chemin situé entre le carrefour de l’Ange gardien (entre Laon et Soissons) et Corbeny. Ce fut chose faite entre 1785 et 1789 mais il paraît que les Dames n’empruntèrent jamais cette nouvelle route pour aller jusqu’à Bove …
Le chemin garda pourtant son surnom et lorsque vous circulerez sur les 26,5km de la RD18, vous ne pourrez pas manquer la ligne bleue ainsi que les bornes qui bordent la route.
Derrière ce nom presque buccolique se cache une terrible histoire qui marqua les esprits !
Dès 1914, l’endroit devint stratégique en raison de sa position en hauteur et les Allemands ne voulaient pas le perdre.
Le plateau offre effectivement une vue dégagée vers le nord et la plaine située à l’est entre Reims et Laon, et vers celle située au sud depuis Soissons. Ils aménagèrent donc la crête pour pouvoir se défendre en cas d’offensives françaises ou britanniques. Et c’est ce fameux plateau de Californie qui fut l’objectif de conquête de l’offensive Nivelle.
De nos jours, il est possible de découvrir ces lieux où la nature a repris ses droits. Un grand observatoire en bois a été érigé pour avoir une vue panoramique des lieux où se déroulèrent de sanglants combats.
Les Allemands avaient sécurisé leurs positions et avaient aménagé des lieux souterrains comme la Caverne du Dragon, creusé des tunnels pour relier l’arrière aux premières lignes. Les Français quant à eux étaient établis sur les pentes du plateau.
Visiter la Caverne du Dragon
Informations pratiques
Si vous venez jusqu’au Centre d’Accueil du Visiteur du Chemin des Dames, ce serait dommage de ne pas visiter la Caverne du Dragon qui se trouve sur le site.
Une visite adaptée aux enfants entre 6 et 11 ans est proposée pour leur permettre de découvrir la Caverne du dragon à la manière d’une chasse au trésor.
Si vous le souhaitez, vous pouvez réserver en ligne. Vous bénéficierez ainsi d’une réduction sur vos billets.
L'origine de la Caverne du Dragon
C’est pendant la période d’aménagement du plateau par les Allemands que la Caverne du Dragon fut surnommée ainsi par les troupes françaises, mais savez-vous pourquoi?
La Caverne du Dragon était un lieu de vie pour les soldats. La carrière d’extraction de pierre était située sous le Chemin des Dames et elle fut transformée dès 1915 en véritable caserne avec des dortoirs, une infirmerie, une chapelle mais aussi une cuisine. Qui dit caserne, dit beaucoup d’hommes et dit nécessité d’aérer. Du fait de la présence de ces aérations, des fumées s’échappaient des profondeurs de la carrière. Ces fumées sont à l’origine du nom « Caverne du Dragon ». Elles rappelaient en effet la légende des Nibelungen avec la Drachenhöhle et le chevalier Siefried qui avait triomphé d’un dragon. Dragon auquel il avait dérobé un glaive magique et une tarnkappe qui rendait son porteur invisible (comme Harry Potter…). Légende qui fut orchestrée de manière magistrale par Wagner et adaptée au cinéma.
"Vivre" dans la Caverne du Dragon
Comme dit précédemment, l’ancienne carrière fut transformée en caserne. Elle devint une petite cité à plus de 10 mètre sous terre. Les Allemands essayèrent de la rendre la plus pratique possible en y installant l’électricité, le téléphone.
Mais n’imaginez pas pour autant que cette creute, existant depuis le Moyen Age et exploitée jusqu’au XIXème siècle, était confortable. Dans cet abri en pierre calcaire à 14m sous la surface, la température était constante, 12 degrés toute l’année avec un taux de 80% d’humidité. Je n’y suis restée que le temps de la visite mais je peux vous dire que j’ai supporté le pull que je portais !
Avec un tel taux d’humidité, n’imaginez même pas vous laver ou laver vos vêtements car rien ne sèche, on sent l’humidité sur les murs. 400 soldats qui ne pouvaient pas se laver vivant dans des lieux où il n’était pas possible d’ouvrir pour aérer, je vous laisse imaginer les odeurs qui y régnaient…
Tout ce qui y restait longtemps était susceptible de moisir avec l’humidité ambiante: les papiers, les vêtements! Donc pas de couverture, pas de drap dans la caverne…
A l’humidité et aux mauvaises odeurs, ajoutez les nuisibles qui y pullulaient. On utilisait des chiens ratiers pour en éliminer le plus possible. Une bouteille de vin était offerte à celui qui tuerait 10 rats ! Mais impossible d’éradiquer tous les « Gaspards« .
Quant aux totos, comprenez les poux, on avait même inventé côté français un chant appelé « La valse des totos ».
L’hygiène était comme vous l’avez compris déplorable!
Dans la Caverne du Dragon sont exposés des objets ayant appartenu à des soldats des deux armées. Boîtes de conserve, brosses à dents, coupe-coupe sénégalais, briquets, harmonica, quart métallique pour boire le vin… C’est émouvant de se dire que certains de ces objets appartenaient à des hommes ayant perdu la vie dans un combat qu’ils ne voulaient pas…
On y trouve également une zone dédiée aux objets fabriqués par les soldats lorsqu’ils avaient un peu de temps libre. Ce sont de beaux témoignages de l’art des tranchées. Un témoignage de la volonté de ces hommes de s’occuper comme ils le pouvaient avant de repartir dans les tranchées où ils avaient de grands risques de perdre la vie…
La Caverne du Dragon a été occupée pendant 4 ans et durant ce temps, elle a changé 7 fois de propriétaires en fonction des avancées et des retraites des deux armées. Pour connaître précisément les alternances, n’hésitez pas à cliquer ici.
La Caverne du Dragon au coeur de la bataille
Mais les conditions de vie se sont énormément dégradées en 1917…
Si la Caverne était à l’origine une caserne presque comme les autres, elle devint un lieu de refuge lors des bombardements intensifs qui avaient lieu à la surface. Imaginez des milliers d’obus s’abattant, explosant en creusant d’immenses trous, obus percutants, obus chimiques, obus fusants, obus lachant sur les soldats des Shrapnels dévastateurs pour les chairs des hommes impuissants au milieu des combats. Ces obus inventés par les Anglais étaient surnommés « arroseur du diable » car ils explosaient en l’air et libéraient leurs billes d’acier assassines contre lesquelles les casques ne pouvaient pas grand chose…
La Caverne du Dragon servait d’abris contre les obus, de lieu de repos lorsque c’était son tour mais aussi de lieu de stockage. Parfois le plafond cassait avec les bombardements d’où l’importance de placer de nombreux étais de soutainement et d’utiliser des gravats pour ne pas que tout s’effondre.
Et comment se reposer en entendant les combats au-dessus mais aussi la souffrance des camarades à quelques mètres de là. La Caverne du Dragon disposait également d’une infirmerie où l’on tentait de soigner les hommes blessés quelques mètres plus haut … Mais comment suivre le rythme?
Alors qu’au début de la guerre, on estime à environ 50 morts par mois les pertes françaises et allemandes, l’offensive lancée par Nivelle le 16 avril 1917 changea la donne… Ce furent dès lors des milliers de soldats qui tombent chaque jour !
Un centre de tri des blessés fut alors mis en place car impossible de garder tous les soldats dans la caverne. En effet, avec l’humidité ambiante, il suffisait de 2 ou 3 heures pour que les plaies s’infectent et que cela conduise à des amputations supplémentaires, des septicémies. Il fallait donc évacuer les grands blessés au plus vite vers les hôpitaux. Mais attention, on évitait les grandes villes car il ne fallait pas affoler la population avec un afflux trop important de soldats blessés… Les trajets étaient donc longs et beaucoup mouraient sur le chemin de l’hôpital. Cela me rappelle le domaine royal de Randan dans le Puy de Dôme.
D’autres mouraient dans la Caverne et avec les combats, il était régulièrement impossible de sortir enterrer les morts dehors… C’est ainsi que l’on dut enterrer les hommes sur place, enfin pas vraiment enterrer mais plutôt les recouvrir de gravats. On essaya de les inhumer le plus loin possible des hommes déjà traumatisés par ce qu’ils vivaient là-haut. Un cimetière fut alors improvisé mais très vite l’odeur se propagea dans l’abri souterrain…
Dans la Caverne du Dragon, les hommes perdaient la notion du temps. Dans la caverne, ils avaient un court répit même si les moments passés avec les camarades étaient sans cesse interrompus. Dans la caverne, ils se sentaient plus à l’abri même si les conditions de vie et l’hygiène y étaient déplorables…
Et c’est donc toujours fatigués, mais aussi désorientés par les quelques jours passés dans la Caverne, dans la pénombre que les soldats repartaient au combat.
L'offensive Nivelle
Loin de moi l’envie de vous détailler précisément l’offensive Nivelle mais voici quelques éléments sur cette décision qui mit fin à la guerre de positions (novembre 1914 – avril 1917) et qui conduisit à des pertes humaines désastreuses !
L’objectif du général Nivelle, qui était à la tête de l’Armée française, était de libérer Paris de l’occupation. Nivelle se basa sur les plans élaborés par le général Joffre, il était persuadé que cette offensive permettrait une percée significative dans un délai de 24 à 48 heures…
Ce ne sont pas moins de 300 000 soldats allemands menés par Hindenburg et Ludendorf qui étaient positionnés sur le plateau, prêts à se défendre avec leurs mitrailleuses et leurs blockhaus.
Plus au sud, dans la vallée de l’Aisne, 1 million de soldats étaient prêts à attaquer (soldats qui avaient été repérés par les avions allemands qui passaient au-dessus des tranchées donc aucun effet de surprise).
Afin de faciliter l’attaque, 7 millions d’obus furent lancés sur les positions allemandes durant les jours précédant l’offensive! Mais ces bombardements massifs ne causèrent pas autant de dégâts que prévus…
L’offensive des fantassins français fut lancée le 16 avril 1917 à 6 heures du matin sur 40km de front!
Contrairement à ce qui était prévu, la ville de Laon ne fut pas libérée au bout de 2 jours ! Les soldats français se trouvèrent en effet rapidement devant les mitrailleuses allemandes et tombèrent en masse. L’offensive fut donc interrompue le 20 avril.
Cela n’empêcha pas Nivelle de la relancer le 4 mai pour tenter de percer les lignes allemandes. Les combats au sein des tranchées et dans le no man’s land lors des assauts étaient terribles!
A la pluie d’obus s’ajoutaient également les gaz comme le chlore puis celui appelé gaz moutarde. Pour tenter de s’en protéger, les hommes utilisaient des masques avec des tampons en tissus qu’on appelait « groins de cochon ». Et que dire des lance-flammes utilisés lors de la prise d’une tranchée ennemie…
L’offensive est finalement abandonnée 15 mai mais cela ne signifia pas la fin des combats ! Côté français, l’offensive Nivelle se solda par la perte de 43 000 soldats français et des milliers de blessés dont la vie fut à jamais changée.
Dans la Caverne du Dragon, une installation rend hommage à tous ces soldats, français et allemands, qui ont perdu la vie dans la bataille du Chemin des Dames. Les flambeaux de la mémoire représentent les âmes des défunts.
Et c’est Philippe Pétain qui prit la place de Nivelle à la tête des armées.
Le 25 juin 1917, des soldats allemands furent capturés par les Français. Ces derniers déversèrent du gaz pour asphyxier les soldats réfugier dans la Caverne du dragon. Les Français reprirent la Caverne mais un mois plus tard, les Allemands revinrent et reprirent le nord de l’abri le 26 juillet. Jusqu’au 2 novembre 1917, les deux armées cohabitèrent dans la Caverne du Dragon avec un no man’s land de 10m dans lequel ont été installés les flambeaux de la mémoire.
Les Allemands quittèrent plus tard le plateau.
On n’avait pas le droit de tuer les brancardiers qui portaient la croix rouge. Ils étaient là pour récupérer les blessés sur les champs de bataille et non pour se battre. Ils risquaient souvent leur vie pour porter secours. Tuer un brancardier était considéré comme un crime de guerre.
Saviez-vous que Walt Disney a été brancardier pendant la Première Guerre mondiale? Il avait menti sur son âge pour pouvoir partir en Europe.
Ils n'ont pas choisi leur sépulture...
Ne pas oublier ceux qui ont perdu la vie sur le Chemin des Dames pour un combat qu’ils n’avaient pas choisi…
Pendant longtemps, le site ne connut pas les honneurs qui lui étaient pourtant dus. Le Chemin des Dames et l’offensive Nivelle étaient associés à une importante défaite de l’armée française. On préférait parler de la grande bataille de Verdun.
En 2017, dans le cadre du centenaire de la Grande Guerre, François Hollande fit le déplacement jusqu’au Chemin des Dames et rendit hommage à tous ces hommes. Il inaugura par la même occasion la sculpture créée par Haïm Kern intitulée « Ils n’ont pas choisi leur sépulture ». Oeuvre qui avait été vandalisée plusieurs fois et qui fut installée au Centre d’accueil des visiteurs du Chemin des Dames.
Les morts du Chemin des Dames
Que sont devenus les soldats morts?
Des milliers de soldats sont morts sur le Chemin des Dames. Certains furent inhumés dans des cimetières militaires, dans une tombe individuelle ou dans des fosses communes. Mais beaucoup furent portés disparus au milieu des combats, on ne retrouva jamais leur corps.
Le Mémorial virtuel donne la possibilité de rechercher un combattant du Chemin des Dames, d’avoir des informations sur son lieu de décès et le lieu où il repose, s’il a une tombe répertoriée.
Sur le Chemin des Dames, on compte de nombreux cimetières militaires: 14 cimetières français, 9 cimetières allemands, 5 cimetières britanniques, 1 cimetière danois, 1 cimetière italien et 1 cimetière américain. De nombreux cimetières communaux accueillent aussi des carrés militaires.
Le cimetière français de Craonnelle
Le cimetière de Craonnelle est l’un des 14 cimetières militaires français du Chemin des Dames. Il est situé au bord de la D18 (Chemin des Dames) entre Craonnelle et Craonne.
Ce cimetière a été aménagé pendant la guerre à proximité d’un poste de secours. En 1920, des travaux de regroupement ont été réalisés, rassemblant ainsi les dépouilles des combattants tombés sur le plateau des Casemates et le plateau de Californie, ainsi que celles des soldats soignés dans les postes de secours de Craonnelle, des Flandres à Oulches, de Vassogne, de Jumigny, de Craonne, du Moulin de Vauclair, et d’autres sites environnants.
3 936 soldats y ont été inhumés dont 3910 Français (certains venant des colonies), 24 Britanniques et 2 Belges.
Parmi les 3910 soldats français, 1884 ont été placés dans un ossuaire.
Le village de Craonne
Dans cet article, il a été beaucoup question des pertes humaines. Mais vous vous doutez bien qu’avec le nombre impressionnant d’obus lancés tout au long du conflit, c’est tout le Chemin des Dames, les villages alentours et le paysage qui ont été profondément touchés. Ce fut le cas du village de Craonne.
Dès septembre 1914, Craonne passe sous le contrôle de l’armée allemande. Entre avril et mai 1917, les bombardements de l’artillerie française, lors de l’Offensive Nivelle, achèvent de détruire ce qu’il restait du village.
Le village de Craonne a été reconstruit mais pas sur les ruines de l’ancien village.
Plutôt que de laisser un champ de ruines à la place de l’ancien Craonne, le choix a été fait de transformer le site en un espace naturel: un arboretum. La végétation a permis de recouvrir les stigmates de la guerre et de redonner vie à un paysage marqué par les combats.
L’arboretum de Craonne incarne à la fois le souvenir du passé et l’espoir d’un renouveau, en mêlant mémoire et nature sur un site autrefois dévasté.
On écoute le chant des oiseaux, on s’asseoit sur les bancs dans le jardin marocain… On prend le temps dans cet endroit si calme… On pense aussi à l’enfer qu’il a pu être…
La végétation efface peu à peu les traces du village martyr. Seuls quelques éléments rappellent qu’il y avait des maisons, des commerces, des rues et des personnes qui vivaient ici.
Des panneaux sont là pour identifier les lieux, des jardins de la paix ont été créés.
La colère grondait parmi les rangs des soldats qui ne comprenaient pas l’obstination des chefs à lancer des offensives occasionnant de véritable massacres. C’est ce contexte qu’est née la célèbre « Chanson de Craonne » que vous connaissez certainement.
L'abbaye de Vauclair
Les bâtiments religieux n’ont pas été épargnés par les combats. L’abbaye de Vauclair située tout près de Craonne ne l’a pas été non plus.
L’abbaye de Vauclair a été fondée en 1134 par saint Bernard de Clairvaux. C’était une abbaye cistercienne, comme celles de Belleperche, Beaulieu-en-Rouergue caractérisées par leur architecture sobre et fonctionnelle, conforme aux principes de l’ordre de Cîteaux.
Grâce à son emplacement favorable dans la vallée de l’Ailette, elle s’était développée au fil des siècles, bénéficiant de l’exploitation agricole et de la gestion des forêts environnantes. Comme beaucoup d’abbayes cisterciennes, elle possédait des terres cultivées, des étangs pour la pisciculture et des bâtiments annexes dédiés au travail des moines.
Comme Craonne, l’abbaye se trouvait sur la ligne de front lors de la Première Guerre mondiale. Elle fut détruite par les bombardements, ne laissant que des ruines. Contrairement à d’autres abbayes, elle ne fut jamais reconstruite après la guerre.
Aujourd’hui, l’abbaye de Vauclair est un site en ruines, mais elle a fait l’objet de fouilles et de restaurations partielles pour en préserver l’histoire. On peut y voir les vestiges des murs, des voûtes et du plan d’origine de l’abbaye.
Le site est libre d’accès et apprécié pour ses promenades dans un cadre paisible.
À proximité, un jardin de plantes médicinales a été aménagé, en hommage aux savoirs monastiques sur les plantes et la médecine. Il permet de découvrir des espèces utilisées autrefois par les moines pour soigner et se nourrir.









C’est avec la visite de l’abbaye de Vauclair que se termine ma journée sur le Chemin des Dames. J’ai choisi de découvrir des sites emblématiques mais d’autres lieux sont indiqués sur la page du Chemin des Dames.
On se retrouve très vite pour de nouvelles visites dont le mémorial 14-18 Notre-Dame de Lorette et le musée de la bataille de Fromelles.
En attendant, n’hésitez pas à laisser un petit message et à poser des questions si vous en avez.











10 réponses
Quel travail !
Félicitations pour toutes ces explications très détaillées.
Cela fait longtemps que je n’y ai pas mis les pieds, cela donne envie d’y retourner.
Merci Florence.
Merci beaucoup d’avoir pris le temps de lire cet article qui me tenait à coeur. Il est important de ne pas oublier ces grands moments qui ont marqué l’Histoire.
Une très belle découverte, une bonne idée de sortie à moins de 2h de chez moi. Merci pour ton reportage 🙏🙏🙏
Oui le Chemin des Dames est facilement accessible et je pense que cela t’intéresserait beaucoup.
Super article comme d’habitude. Merci d’avoir retranscrit l’enfer qu’ils ont vécu.
Merci d’avoir pris le temps de lire cet article qui retrace un moment si important de notre histoire.
Bonjour ma Flo
comme chaque fois tu sais donner l’envie de partir à la découverte de tes sites visités….
Ce chemin des Dames ses origines le mémorial le musée tout est tellement bien présenté….merci pour cette visite…
Merci beaucoup Michèle. Il me tenait à coeur d’écrire cet article car plusieurs hommes de ma famille ont perdu la vie dans ce terrible conflit.
je connaissais un peu cette histoire mais tu viens de me donner certaines réponses j ai encore appris en lisant cet article merci flo
Je suis contente de lire que tu as peu trouver de nouvelles informations dans cet article. J’aurais pu en ajouter beaucoup plus mais le but n’était pas non plus de raconter toute l’histoire du chemin des dames. Merci d’avoir pris le temps de lire.